L'Histoire de la Ferme Philip

Lorsque vous demandiez à Léon Chareyre de quand date sa maison, il vous répondait qu’elle est de 1530. Cependant, peu d’archives sont relatives à cette ferme et malheureusement aucune ne remonte à cette date.

Les premières mentions historiques (XVIIe siècle)

Quand on demandait à Léon Chareyre l’âge de sa maison, il répondait fièrement : « 1530 ! ».


Si les archives n’ont pas encore permis de retrouvé la trace de cette date précise, les premiers documents mentionnant ce lieu-dit de la paroisse de Sainte-Eulalie remontent bien au XVIe siècle. Le plus ancien est un contrat de mariage rédigé le 11 septembre 1576 à Montpezat auprès du notaire Jehan Soche, entre André Delolme, dit de Philip de Ligeret, fils de feu Jehan, lui-même fils de Philippe (est-ce lui à l’origine de la ferme ?) et Catherine Bonnefille.

Au fil des siècles, le nom de la ferme évolue et sa graphie varie : Philip de Ligeret, Falip, Jalip, Las Granjades ou encore le mas de Philip.

Évolutions architecturales et datations

Des analyses dendrochronologiques ont été réalisées sur les bois d’oeuvre et de charpente. Le plus ancien est le manteau de la cheminée de l’habitation oriental, daté de 1746-1747, par le laboratoire Archéolab en 1990. Cette poutre est indiquée suivant le rapport d’analyse à son emplacement initial, sans trace de remploi. Par ailleurs, en 1748, le 6 novembre, une quittance de prix-fait est passée entre Marie Clauzier, veuve d’Antoine Chare, pour la réalisation d’un mur dans l’écurie dans la maison de Phalip.

En 1840, lors de la rédaction du cadastre napoléonien, la ferme apparaît divisée en deux. La partie occidentale appartient à Louis Félix Dupré, médecin à Valence. Quant à l’orientale, elle est un des biens de Jean-Antoine Fargier, de la Grange de Blaye, commune des Sagnes. À cette période, les deux constructions sont légèrement différentes d’aujourd’hui, comme semble le sous-entendre le plan cadastral. L’analyse de la charpente de la fenière a permis de constater que la moitié ouest date de 1864, quant à celle se trouvant à l’est, ses bois ont été abattus en 1877. Parallèlement, le portail occidental comprend une pierre gravée de la date 1865, même s'il fut élargi par le père de Léon Chareyre.

Reconnaissance et sauvegarde du patrimoine

Parallèlement, dans les années 1980, Léon Charreyre décide de faire visiter sa ferme, quand d’autres bâtisses sont délaissées et tombent en ruine. En 1981, il présente ce patrimoine à Nicole Valéry-Radot, journaliste à Marie-Claire, de passage dans la région. Sensibilisée par la disparition de ces traditions et du métier, elle rédige un article publié la même année dans la revue Maison Marie-Claire. Deux ans plus tard, cette ferme reçoit le label de « Maison de Pays » décerné par le comité français des Maisons de Pays.


Malgré toutes ces reconnaissances, la ferme est vouée à la disparition en raison des faibles moyens de la famille. En 1996, Gérard Barras, architecte et co-fondateur de Ardelaine, rassemble amis et bénévoles pour aider les propriétaires à refaire le toit de la chaumière. A plus de 80 ans, Léon continuait à pétasser chaque année et faire visiter cette ferme devenue un des derniers symboles du patrimoine architectural de la montagne, entretenu par un paysan maître-piqueur. Cette renommée lui apportait chaque jour un peu plus de visiteurs, sans besoin de publicité, même si la ferme fit un passage remarqué en 2000 à l’émission télévisée la Carte au Trésor ainsi qu'à la Météo à la carte pendant le Covid. Malheureusement, Léon est aujourd’hui décédé et la ferme est alors fermée au public. Toutefois, c'est pour faire découvrir ce patrimoine en péril et faire revivre cette ferme que cette association a été créée en 2025. Aujourd’hui, notre toute jeune équipe de bénévoles, se porte volontaire pour vous la faire visiter sur demande ou régulièrement pendant la période estivale, mais surtout entretenir vaillamment ses 600 m² de toiture en genêt lors de stages de piquage ouverts au public.

Contribuer à la préservation
de la ferme

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En visitant

Plongez dans l'intimité d'une ferme remontant au XVIe siècle restée «dans son jus» depuis les années 1960.

En adhérant à l'association

Rejoignez « Les Amis de la ferme Philip » pour nous aider à sauvegarder ce patrimoine fragile et unique. Votre adhésion permet de soutenir l'entretien du monument et de préparer sa réouverture au public, prévue pour le printemps 2026.