La toiture en genêt

Le genêt est un matériau abondant dans les landes, surtout vers les pentes des Cévennes. C’est alors une utilisation rationnelle d’un matériau se trouvant à portée de tous. La coupe peut se réaliser en mars, entre la fonte des neiges et la floraison, ainsi que vers la fin août, lorsqu’il a atteint la maturité suffisante. À cette période, le genêt n’est plus en fleurs ni en graines. Un genêt en graines risquerait de prendre racine sur la toiture de la maison.

Le matériau

Les tiges ou balais sont taillés à une longueur de 40 ou 50 centimètres, en biseau, pour en faciliter le piquage dans le treillage du toit. La coupe s’effectue avec une petite serpe ou à l’aide d’un couteau appelé poudet, autrefois acheté chez les couteliers de Montpezat. Le genêt est immédiatement utilisé car s’il venait à sécher, il perdrait en efficacité, notamment en souplesse.

La charpente

La couverture requiert une forte pente pouvant aller jusqu’à 60°, pour que les amas de neige glissent dessus. Elle peut soutenir jusqu’à 30 kilos au mètre carré. La toiture est très haute et le volume utile sous la charpente est ainsi considérable, ce qui était nécessaire pour entreposer le foin, rentré en vrac, pour affronter de longs hivers. Sa charpente se compose de fermes simplifiées, d’arbalétriers ou tenailhs, retenue par un faux-entrait retroussé et soutenant des poutres, appelés lattes, auxquels sont entrelacées des branches de sapins ou garnes, formant alors une trame.

La pose

Les genêts, en balais ou rigots, de 25 à 30cm de long, sont ensuite piqués de bas en haut. À la différence de la lauze, la matière crée un rendu uni, mais non uniforme dans la mesure où le toit de genêt doit être constamment repris et entretenu (pétasser). L’entretien d’une toiture de ce type nécessite plusieurs jours de travail chaque année, mais le nombre de journées varie en fonction de sa surface et de son état. Il faut en général 10 heures de travail pour apprêter 1m² de toiture, sachant que cette couverture a une durée de vie de 25 à 30 ans. Ainsi en moyenne, le paysan de la montagne passe chaque année 20 jours à pétasser son toit. Les toitures végétales nécessitent plus d’entretien, mais sont un excellent isolant thermique, plus imperméables que la lauze et permettent un meilleur volume intérieur. Elles restent néanmoins très vulnérables au feu et aux orages.

Le faîtage

Le faîtage se composait traditionnellement de mottes de gazon se recouvrant partiellement, pouvant peser jusqu’à 80 kg. Elles pouvaient s’associer entre elles ou être fixées par des chevilles de 50 cm, appelées palançons. Il est réalisé aujourd’hui à partir d’un assemblage de planches en bois de 35 à 40 cm de large, appelé sarrade, ou de plaques de zinc.

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